Introduction : Conjugaison difficile
Quand je Veux conjuguer les 3 termes que j’ai mis dans le titre de Fexposé, je me rends vite compte que c’ est compliqué. Et ce qui est compliqué, c’est de les conjuguer à 3.
- La foi et les parents, ça ne fait pas trop de problème, du moins avec certains parents… Vous qui êtes là ! Même si votre vie de foi n’est pas toujours un long fleuve tranquille, le fait que vous soyez là montre bien que la foi tient une vraie place dans votre vie.
- La foi et les adolescents, ça ne fait pas toujours problème. Je dis bien pas toujours et avec les ados, c’est comme avec les parents, il y en a des plus branchés que d’autres. Mais il y a des ados croyants, il suffit de pousser les portes d’une aumônerie, d’aller aux JMJ…
- Mais la foi, les ados et les parents, là c’est beaucoup plus compliqué. Parce que vous avez d’un côté des parents qui ne rêvent que d’une chose, c’est de voir leurs enfants s’approprier la foi dont ils ont essayé de témoigner et de l’autre côté, vous avez des ados qui ne veulent surtout pas montrer que quelque chose qui vient des parents peut être bon. S’ils vont à l’aumônerie, ils ne veulent pas aller à la messe le dimanche et encore moins répondre à une invitation quant à la prière familiale. Finalement, on constate vite que la foi devient un terrain où se joue la confrontation parents/ados.
Je crois qu’il est déjà important de prendre conscience que c’est la conjugaison des 3 qui rend les choses plus compliquées. Il est important de repérer que les ados vont être contents de choisir la foi comme terrain d’affrontement. Parfois même, c’est un terrain privilégié : puisque ça compte pour vous à ce point, vous allez voir ce que vous allez voir ! Maintenant, je ne veux pas nier non plus qu’iI y a des ados qui rejettent la foi, pas d’abord la foi parce qu’elle vient des parents, mais parce qu’elle]e parle d’un Dieu auquel ils ne croient pas ou ne croient plus.
Je voudrais réfléchir avec vous pour tenter de mieux comprendre ce qui se passe dans ce rejet de la foi du point de vue des ados et du point de vue des parents.
I/ Il n’y a pas de modèle qui marche
Je peux dire que comme curé de paroisses et bien plus avant comme responsable de la Pastorale des Jeunes, j’en ai vu des familles et des familles différentes. Eh bien cette expérience ne me permet pas de dire : il y a un modèle qui peut marcher. J’ai vue des familles très militantes au niveau de la foi engendrer des enfants militants et engagés, j’ai vu des familles militantes engendrer des enfants priants, j’ai vu des familles priantes engendrer des enfants militants ou engendrer des enfants priants. Et puis j’ai vu aussi des familles militantes ou priantes engendrer des enfants incroyants. Enfin, j’ai vu aussi et assez souvent des familles incroyantes engendrer des enfants croyants…
Quand je dis engendrer, il faut bien me comprendre, je ne veux pas dire que les ados naissent avec ou sans le gêne de la foi et quand ils auraient le gêne de la foi, ils l’auraient de manière particulière qui fait d’eux un jeune militant ou priant. Alors justement, je crois qu’il est bon que nous nous arrêtions quelques instants sur ce qu’est la foi.
1/ La foi n’est pas dans le patrimoine génétique
Ce que je vais dire là, je pense que c’est très connu pour la pluspart d’entre Vous, mais il n’est pas inutile de le réentendre. Je pense que vous connaissez cette réflexion de Tertullien, père de FÉgIiSe dans les tout premiers siècles, qui disait : on ne naît pas chrétien, on le devient. Il n’y a pas un gêne de la foi qui pourrait se transmettre dans le patrimoine génétique comme on peut transmettre les yeux bleus, une propension à l’obésité ou je ne sais quoi.
C’est pourquoi il est essentiel de bannir une expression de votre vocabulaire : transmettre la foi. On ne transmet pas la foi, on transmet le rhume, on transmet le SIDA, mais on ne transmet pas la foi. Je me suis beaucoup bagarre contre cette expression quand j’étais responsable de la catéchèse. Le Service de Catéchèse, ce n’est pas 1e Service qui aide à la transmission de la foi. Que pouvons-nous transmettre Ï’ Dans le cadre du Service de la Catéchèse ou d’une aumônerie, nous pouvons transmettre le contenu de la Foi, nous pouvons chercher à mettre les ados dans les meilleures conditions pour qu’ils soient en mesure de faire un chemin de foi. Vous les parents, vous pouvez transmettre le goût de la foi, la passion de l’Église… Mais nul ne peut transmettre la foi. Enfin, ce n’est pas tout à fait Vrai, quand je dis nul ne peut transmettre, c’est exagéré, car il y en a un qui le peut, c’est Dieu bien sûr. Mais nous, nous ne pouvons pas et quand je serai pape, je ferai corriger le titre du n°4 du CEC qui s’intitule : transmettre la foi ! Mais le contenu correspond tout à fait ce que je viens de dire.
2/ La foi : vertu théologale.
Vous savez qu’i1 existe 3 Vertus théologales : la foi, Fespérance et la chanté. Qu’est-ce qu’on veut dire quand on qualifie la foi de Vertu théologale Le catéchisme nous dit que ces Vertus (= forces en latin) sont “infusées” par Dieu dans Fâme des fidèles pour les rendre capables d’agir comme ses enfants. je voudrais citer 3 extraits du CEC qui insistent sur la foi comme don de Dieu et comme adhésion personnelle :
150 La foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l’assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélé…
153 Lorsque S. Pierre confesse que Jésus est ie Christ, le Fils du Dieu vivant, Jésus lui déclare que cette révélation ne lui est pas venue « de la chair et du sang. mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17 ; cf. Ga 1, 15 ; Mt 11, 25). La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par Lui. « Pour prêter cette foi, l’homme a besoin de la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que des secours intérieurs du Saint-Esprit. Celui-ci touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne ‘à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité‘ » (DV 5).
160 Pour être humaine, "la réponse de la foi donnée par l’homme à Dieu doit être volontaire ; en conséquence, personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré soi. Par sa nature même, en effet, l’acte de foi a un caractère volontaire« (DH 10 ; cf. CIC, can. 748, â 2). »Dieu, certes. appelle l’homme à le servir en esprit et vérité ; si cet appel oblige l’homme en conscience, il ne le contraint pas. (…) Cela est apparu au plus haut point dans le Christ Jésus« (DH 11). En effet, le Christ a invité à la foi et à la conversion, il n’y a nullement contraint. »Il a rendu témoignage à la vérité, mais il n’a pas voulu l’imposer par la force à ses contradicteurs. Son royaume (…) s’étend grâce à l’amour par lequel le Christ, élevé sur la croix. attire à lui tous les hommes" (DH 11).
Vous voyez que nulle part le CEC ne dit que la foi est une réalité qui existe dans le cœur des parents et qu’ils ont le devoir de la transmettre à leurs enfants l Si j’insiste autant, vous le comprenez sans doute, c’est pour vous déculpabiliser. Vous n’êtes pas totalement responsables du chemin de foi qu’ont pris vos ados. Vous avez sans doute une part de responsabilité, c’est la même qu’au niveau de l’éducation, mais pas plus. Si vous n’avez pas tout fait pour leur permettre de rejoindre un groupe dans lequel ils se sentent bien, Vous avez une pan de responsabilité. Si vous avez fait craquer régulièrement la messe du dimanche, vous avez une part de responsabilité. Mais si vous avez des parents honnêtes, vous n’êtes pas plus responsables au niveau de la foi que du reste du chemin que prennent vos enfants.
3/ Un exemple réussi : La Pentecôte.
J ’aime bien mentionner la Pentecôte comme exemple assez normatif de ce qui est à prendre en compte. Vous connaissez ce texte que 1’on trouve en Ac 2 : l’Esprit-Saint tombe sur les apôtres, Pierre sort et prononce un discours fleuve, au terme de ce discours, le livre des Actes nous dit qu’ils avaient le cœur transpercé, c’est à dire que la parole avait fait tilt et du coup une demande jaillit de la foule : que devons-nous faire pour devenir chrétiens ? Pierre répond : repentez-vous, que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus et vous recevrez le St Esprit. C’est ce que beaucoup font et il y a 3000 conversions ce jour-là.
La foi, comment est-elle née chez ces gens-là ? Par le discours de Pierre qui était un discours enflammé, il venait de recevoir 1’Esprit« Saint. C’est tout ce qu’a fait Pierre, tout le reste est du ressort des auditeurs : il faut qu’ils aient un réel désir de conversion, qu’ils demandent à se faire baptiser, qu’ils reçoivent le St Esprit.
Si nous reprenons notre réflexion sur le rôle des parents, nous sommes, vous êtes dans la situation de Pierre. Votre responsabilité, c’est d’avoir un cœur de feu, un cœur brûlé d’amour, un cœur habité par le Saint Esprit. Et après le reste, c’est de la responsabilité de vos ados. Et quand je dis ça, ce n’est pas contradictoire avec la foi comme vertu théologale. La foi est bien un don de Dieu, mais encore faut-il s’ouvrir à ce don Et les auditeurs de Pierre manifestent leur désir de s’ouvrir au don en prenant la double décision de vouloir changer de vie et de demander le Baptême. Vos ados doivent prendre cette double décision : vouloir changer de vie et demander le Baptême, ça ils Font sûrement reçu, mais on peut transposer en disant : choisir librement d’adhérer personnellement à Dieu et à la vérité. Le Veulent-ils ?
Donc pour résumer quand il y a un « Bug » au niveau de la foi :
- Ça peut venir de vous, mais pas seulement de vous, Vous n’êtes pas les seuls, i1 y a les curés que vos ados fréquentent, leurs animateurs, les communautés… Tous ces gens ne sont pas assez plein du Saint Esprit. Votre parole, la leur ne transperce pas les cœurs comme la parole de Pierre. Alors, c’est vrai, on ne sera jamais au top du top, mais on peut y tendre et à ce niveau notre désir d’être habités par l’Esprit-Saint est déjà un atout décisif.
- Ça peut venir aussi et bien plus souvent des ados qui n’ont pas envie de changer de Vie et qui n’adhèrent pas, qui refusent d’adhérer ou qui n’ont pas encore eu envie d’adhérer personnellement et librement à Dieu.
II/ Quelle attitude pour les parents ?
1/ Quand “ça marche” !
Si vous avez la chance d’avoir des ados qui sont bien dans leur foi, eh bien rendez grâce au Seigneur et surtout ne vous érigez pas en donneurs de leçons ! Si ça marche, nous avons vu que vous aviez bien une part de responsabilité, c’est que vous vous êtes laissés saisir et que vous vous laissez saisir de manière assez permanente par l’ESprit-Saint. Donc, ça c’est votre réussite à vous : vous êtes de bons chrétiens. Mais ce n’est pas vous qui avez transmis la foi à vos enfants. Vous, vous n’avez fait que transmettre une parole qui a fait tilt, une manière de vivre qui a donné envie, mais ce n’est pas vous qui avez mis la foi dans le cœur de vos enfants, c’est Dieu. Donc si ça marche, rendez grâce à Dieu, mais ne vous glorifiez pas de cette réussite !
Et je dis bien ne devenez pas des donneurs de leçons. Je sais qu’habituellement ce n’est pas le cas. Mais qu’il est difficile de rencontrer les personnes qui ont cette terrible maladie ! Souvent ils parlent d’eux, de leurs réussites pour se mettre en avant et mieux culpabiliser ceux qui vivent douloureusement un échec. Et ces gens-là qu’ils se méfient, dans ce domaine de la foi, comme en tant d’autres, on ne peut jamais crier victoire définitivement. D’autant plus que dans une famille, il est assez rare que ça baigne pour tous les enfants ! Je n’insiste pas trop car je ne pense pas que cette attitude soit trop répandue.
2/ Quand « ça ne marche pas » !
Si Vous avez suivi ce que j’ai dit, je crois qu’il y a deux cas de figure.
a. Faire un examen de conscience lucide
Est-ce que nous avons fait tout ce que nous pouvions Ï’ Je sais qu’il est bien de répondre à cette question, mais il y a quand même moyen de s’interroger. Est-ce que je crois en la puissance du Saint Esprit Est-ce que je demande Vraiment au Seigneur de brûler mon cœur ou est-ce que pour moi la foi, c’est d’abord un ensemble de prescriptions à respecter !
Si je reconnais que je suis, que j’ai été largement en-dessous de ce qu’il aurait fallu faire, de ce qu’il aurait fallu que je sois, il n’est jamais trop tard Il faut que je trouve un lieu d’Église qui va mettre le feu dans mon cœur et que je prenne les moyens d’entretenir ce feu. Si ça change Vraiment votre vie, vos ados s’en rendront compte. Je ne dis pas qu’ils deviendront croyants pour autant, encore une fois la décision leur appartient, mais ils vont se poser des questions et peut-être même vous poser des questions. Quand on se pose des questions, quand on pose des questions, on est en chemin vers la Foi.
b. Chercher les bonnes attitudes
Si tout en reconnaissant que je ne suis pas un héros, je peux reconnaître quand même que j’ai essayé de bien faire, alors, devant l’éloignement de mes ados par rapport à la foi, il faut que je sois vigilant. Et je Vais énumérer quelques attitudes qui me semblent importantes :
Ne pas en prendre votre parti.
Il a abandonné, j’ai tout essayé, je ne vais pas m’en faire malade. Alors, c’est vrai qu’i1 ne faut pas s’en faire malade, je l’ai suffisamment répété. Mais rappelez-vous justement. comment vous réagissiez quand vos enfants étaient malades et petits. Vous avez passé de drôles de nuits à vous lever sans arrêt parce qu’ils vous appelaient et vous vous leviez même s’ils n’appelaient pas pour toucher leurs fronts, les faire boire… Ces nuits de veille ont dit bien mieux que des mots, l’amour que vous leur portiez. Maintenant la nuit, ils ne vous appellent plus, mais pourquoi ne pas veiller encore pour vos enfants ados malades de leur non-foi ? Pourquoi ne pas mettre votre montre une fois par semaine pour prendre 1/2h de prière pour eux. J’ai entendu ça comme témoignage d’une maman de toxico. On ne savait plus quoi faire avec mon mari disait-elle, alors on s’est rappelé les nuits de veille et on a dit : il est largement plus malade maintenant que lorsqu’on restait réveillé à ses côtés. Du coup ils avaient pris cette décision de veilles spirituelles. Ces veilles spirituelles étaient tout à la fois un aveu d’impuissance devant Dieu : on ne sait plus quoi faire et un aveu de foi : mais toi tu peux faire. cf. la petite histoire as-tu vraiment mis toutes tes forces pour enlever ce caillou Î’ Non ! Car tu ne m’as pas encore demandé à moi, ton père, de l’aider. Ce n’est pas que Dieu attend vos sacrifices pour agir, mais ce que Vous allez décider de mettre en place Va encore plus ouvrir votre cœur et nous croyons à la communion des saints.
Ne pas les bassiner avec ça !
Ce sont des ados, plus vous allez leur en parler et plus ils auront envie de vous déplaire et là ils savent que ça marche, que c’est un point sensible pour vous. Maintenant ne pas les bassiner, ça ne veut pas forcément dire démissionner. En fonction de Fâge on peut exiger qu’un ado aille à la messe de temps en temps. On peut lui expliquer qu’il n’est pas obligé de prier, mais qu’il est obligé d’y aller. Il faut passer des contrats à ce niveau-là. On se met d’accord sur une messe par mois et s’il y a une messe des jeunes, c’est celle qu’on choisit bien sûr. Il va vous répondre : mais je perds mon temps à la messe Alors, vous pourrez lui dire : quand on aura vu que dans une semaine tu n’auras as perdu de temps, gaspillé de temps à traînasser, à “loquer” on acceptera que tu n’ailles pas perdre de temps à la messe Il faut négocier la messe comme les sorties mais attention négocier ne veut pas dire marchander.
Accepter que vous n’êtes pas les mieux placés pour savoir ce qu’ils vivent au niveau de la foi.
Il y a d’autres adultes qui recueillent leurs confidences. C’est sûrement frustrant pour vous, mais de même qu’il faut que Vous acceptiez de ne pas savoir grand chose de leur vie sentimentale, il faut que vous acceptiez de ne pas savoir grand chose de leur Vie spirituelle. L’essentiel, c’est qu’ils puissent trouver d’autres adultes et si possible des groupes dans lesquels ils pourront partager à ce niveau.
Croire que la foi est souvent un long processus.
Il y a le caté, l’aumônerie, une crise qui fait qu’ils laissent tout tomber puis vient le moment de la préparation au mariage et la préparation au Baptême, et il n’y a pas que la préparation, il y a aussi la célébration de ces sacrements, ensuite c’est le caté de leurs enfants et dans les méthodes de caté, on essaie de rejoindre les parents Dans tout ce processus, c’est bien le diable s’ils ne croisent pas des êtres au cœur de feu qui vont rallumer un petit désir ! Ça ne fera pas tilt forcément la 1re fois, il faudra parfois bien des rencontres. Mais ce que je vis à Ambérieu avec les recommençants me laisse beaucoup d’espoir : ce ne sont pas des grands nombres, mais c’est possible à tout âge de recommencer un chemin de foi.
Sortir de nos têtes le mythe du « si je deviens saint, eux, ils deviendront forcément croyants ! »
Si vous devenez saints, ça ne Va rien gâter, mais ça ne va pas forcément les rendre croyants. Regardez Jésus le Saint par excellence a été rejeté, n’a/pas été suivi Regardez la parabole de l’enfant prodigue : le père, c’est Dieu, y a-t-il meilleur Saint que Dieu Eh bien que de problèmes il a avec ses deux enfants idem dans la parabole des deux fils à qui il demande de travailler à sa vigne, l’un dit oui et n’y va pas et l’autre dit non et y va : pas génial quand même ! Ces paraboles nous parlent de Dieu et de ses échecs, elles sont écrites pour Vous les parents.
En guise de conclusion : Quelques points d’attention
Réussir dans l’éducation au niveau de la Foi, qu’est-ce que ça veut dire ?
On entend des parents qui disent parfois : nous n’avons pas réussi avec nos enfants au niveau de la Foi. Mais qu’est-ce que Veut dire réussir au niveau de la Foi ? Un de mes profs disait qu’il fallait se méfier de toute évaluation en ce domaine car il n’y a pas de pistéomètre !
On l’a vu avec le texte de Pentecôte, la foi est une alchimie très compliquée, un mélange d’ingrédients assez complexe. ll faut de la liberté, de la décision, de l’adhésion, de la grâce Alors comment mesurer cela ? Bien sûr, il y a 1e critère de la pratique religieuse, mais il ne doit pas être pris seul. Peut-être que vos enfants, avec qui vous pensez ne pas avoir réussi, prient en cachette, aident les autres et ont une orientation de vie droite. Vous connaissez sûrement cette réflexion de St Augustin : “L’Église, il y en a beaucoup qui se croient dedans et qui sont dehors et il y en a beaucoup qui se croient dehors et qui sont dedans I Je ne veux pas positiver au point d’esquiver les problèmes, mais je pense que souvent par rapport à cette alchimie compliquée que j’évoquais, il ne manque qu’un ou deux éléments pour que vos ados aient une foi Vivante. Ils ne sont. pas au point zéro. Quand vous faites un gâteau, il y a un moment où i] n’y a que de la farine et un peu de sel dans le saladier, le gâteau n’est pas fini, mais i] est commencé. Avec vos ados, il en va peut-être ainsi, 1a recette est bien commencée, le grand cuisinier céleste s’en occupe, il demande aux marmitons que vous êtes et que sont les témoins qui croiseront la route de vos ados de lui apporter au fur et à mesure les ingrédients… Il connaît la recette, certains ingrédients tardent à venir parce qu’il y avait peut-être rupture de stock à l’épicerie du coin, mais le grand cuisinier céleste a plus d’un tour dans son sac pour réussir une recette qui paraissait compromise.
Pourquoi voulons-nous réussir au niveau de l’éducation ?
Je ne fais qu’évoquer ce point, chacun s’nterrogera comme il se doit. Dans le désir de réussir l’éducation de vos enfants à tout niveau, il y a sûrement de belles intentions : Vous voulez leur donner ce qu’il y a de meilleur car vous les aimez. Mais n’y aurait-il pas parfois caché quelque part un peu d’orgueil.
Notre foi chrétienne n’nterroge-t-elle pas notre désir de réussir ?
C’est un point assez délicat qui mériterait de longs développements et je ne voudrais pas être mal compris en allant vite. Mais nous ne sommes pas les disciples d’un maître qui aurait réussi selon les critères habituels qui permettent d’évaluer la réussite. Quand, sur la croix, Jésus dit : Tout est accompli, ce qui signifie, j’ai réussi, on peut se poser la question : qu’a-t-il réussi ? La réussite chrétienne ne se situe pas au niveau de l’efficacité mais de la fécondité. Il s’agit d’être capable d’aimer même dans les situations d’un apparent échec. voilà qui peut nous amener à réfléchir non pas pour entretenir une culture de l’échec en la spiritualisant de manière tordue. Mais pour développer une culture de l’amour même dans l’échec car c’est l’amour qui sauve. Si je me permet d’insister sur ce point, c’est parce que souvent, quand nous avons l’impression de vivre un échec, nous nous révoltons contre Dieu, nous nous résignons devant les difficultés.
Regardez-les avec un regard d’espérance !
Les gens finissent toujours par ressembler au regard que l’on pose sur eux. L’adolescence n’est pas une maladie ! C’est une étape de la vie. « Ne vous impatientez pas, Dieu n’a pas fini avec moi ! »
On n’apprivoise bien que ceux que l’on aime… on évangélise bien que ceux en qui on espère. Cf. ce rapport du prédécesseur du curé d’Ars : il n’y a guère que le sacrement de Baptême qui distingue mes paroissiens des bêtes qu’ils gardent. Comment voulez-vous évangéliser avec une telle attitude. Le curé d’Ars arrive et sur les mêmes gens, il porte un regard d’espérance : un jour viendra où ce village ne pourra plus accueillir tous ceux qui voudront y venir !
Regardez-les avec un regard d’espérance et faites tout ce que vous pouvez. Et si vous les voyez complètement paralysés, rappelez-vous ce beau texte de l’Évangile où des amis portent un paralytique à Jésus. Portez vos enfants à Jésus sans vous décourager, ayez l’audace de défaire un toit s’il le faut ! Mais attention, il faut être 4 pour porter un brancard comme celui-là : donc ne restez pas avec votre problème dans votre couple, il faut vous adjoindre des partenaires. Vous n’y arriverez pas seuls, c’est pourquoi vous avez bien fait de venir à ce week-end !