Au cœur de la foi, il y a cette conviction que l’être humain doit d’abord être un « écoutant ». Le 1er commandement n’est pas l’amour du Seigneur, comme on le pense souvent, le 1er de tous les commandements, c’est « écoute Israël » Dt 6,4.
S’il doit commencer par écouter, c’est parce que le disciple doit parler. Il a été choisi pour annoncer la Bonne Nouvelle. A un moment ou à un autre, il faudra bien parler, ne serait-ce que pour rendre compte des merveilles que le Seigneur a fait en nous.
À l’image des apôtres à qui on veut imposer le silence, il nous arrive de dire aussi : « nous ne pouvons pas ne pas parler » Ac 4,20. Mais là encore, nous avons besoin d’être ouverts, car la parole qui sort le plus spontanément de nos lèvres n’est pas toujours la Parole de Dieu, la Parole de louange ! C’est bien pour cela que le premier office de la journée commence par cette supplication du psalmiste : « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange » Ps 50,17.
L’Église est dépositaire d’une Bonne Nouvelle pour tous ceux qui rêvent d’ouverture, tous ceux qui rêvent de Bonheur, tous ceux qui rêvent d’équilibre. Pour tous ceux-là, elle a reçu le pouvoir de dire : Ephata, ouvre-toi ! Car ce qui les empêche de trouver ce qu’ils cherchent, ce sont bien tous leurs enfermements.
Paul prêchera à temps et à contre-temps cette ouverture en insistant bien pour dire que c’est là le seul effort qui est demandé. C’est ainsi qu’il déclarait aux Corinthiens : « C’est en vous-mêmes que vous êtes à l’étroit. Payez-nous de retour : je vous parle comme à mes enfants, ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi. » 2 Co 6, 13. Paul est certain qu’une fois que le cœur est ouvert, le Seigneur agit avec puissance donnant « infiniment plus que nous n’osions espérer » Eph 3, 20. N’est-ce pas d’ailleurs une des plus belles promesses du Seigneur lui-même qui assure ceux qui s’ouvrent de vivre avec lui une intimité étonnante. « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui et lui avec moi. » Ap 3,20.
Père Roger Hébert