lundi 2 janvier 2012

Gérer désir et plaisir sexuel dans le couple

Résumé des exposés de Marie-Noël et Olivier Florant
Sexologues, conseillers conjugaux du CLER - Amour et Famille

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1. L’attraction sexuelle

Plus ou moins forte selon les individus de l’aversion à l’ hypersexualité

Dépend du taux de testostérone circulant dans le sang y compris dans le cerveau

Les femmes fabriquent la testostérone dans leurs glandes surrénales.

Un individu en situation de succès (de tous ordres) a un taux de testostérone et un désir sexuel plus élevé

Dépend de facteurs biologiques et psychologiques largement inconscients

Suit une succession d’étapes renforçant progressivement l’attraction jusqu’à l’union sexuelle

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2. L’orientation sexuelle

Majoritairement portée sur des personnes pubères du sexe opposé

Peut se porter sur des personnes de même sexe ou sur les deux sexes (homo, bisexualité)

Peut se porter sur des personnes non pubères, voire sur des animaux ou des objets

Largement « viscérale » elle n’est pas choisie par le sujet

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3. L’attraction sexuelle moteur de la reproduction

Être amoureux ne veut pas dire « aimer »

C’est une fonction archaïque destinée à unir rapidement un couple qui puisse se reproduire avant de mourir

Elle cesse au bout de quelques mois mais peut recommencer avec d’autres partenaires et ce jusqu’au grand âge

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4. L’amour viscéral

L’olfaction joue un rôle important

Expérience de la 5-alpha-androsténone sur les sièges d’une salle d’attente

Expérience de David Buss sur les T- shirts

La peau est un organe de communication plus qu’une barrière

Propreté, parfums sont des ingrédients indispensables

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5. La longévité du couple selon les sexologues

Sentiment amoureux

Sexe

Attachement

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6. La fonction sexuelle dans l’union conjugale

Mais la sexualité dans le couple ne va pas de soi

50% de divorce en Ile de France, 66% chez les cadres

30 % des hommes et des femmes se plaignent de troubles de leur désir

30 à 40 % des hommes éjaculateurs précoces

1/3 des femmes n’a pas d’orgasme lors d’un coït

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7. Désir et reproduction

Les rapports sexuels chutent dès qu’un couple a atteint le nombre d’enfants qu’il souhaitait

Si les femelles primates n’ont de désir qu’au moment de l’oestrus, et refusent les mâles en dehors de ces périodes, la femme peut développer un désir pendant ses périodes infertiles, naturelles (cycle) ou artificielles (pilule)

Les femmes peuvent continuer à avoir un désir sexuel après la ménopause

Une stérilité définitive ou temporaire peut affecter le désir féminin ou masculin.

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8. Mécanismes primordiaux du désir, et de l’excitation sexuelle

Désir féminin primordial d’être l’ objet d’une convoitise entre mâles qui luttent pour la prendre

Sa récompense éthologique c’est la grossesse et l’enfant. Le désir « animal » est alors repu

La récompense éthologique de l’homme est l’orgasme (don de ses gamètes). Il s’attend à ce que sa femme le désire, si possible violemment

Dans un couple monogame et durable de notre époque, la lutte entre mâles est heureusement très atténuée. Il faut que la femme appelle son désir autrement

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9. Jouir n’est pas « naturel »

Le singe est éjaculateur rapide (3 secondes)

La guenon est anorgasmique et n’accepte le mâle que pendant les quelques heures de l’oestrus. (reproduction )
Jouir est spécifiquement humain

Donc nécessite un apprentissage

Dans le cadre d’une culture et de croyances données

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10. Autres cultures par exemple la Grèce : plaisir et procréation sont sacrés et ritualisés

"Les courtisanes, nous les avons pour la volupté, les concubines pour les remèdes quotidiens et les épouses pour avoir une descendance légitime et une gardienne fidèle du foyer" (Démosthène IVe siècle BC)

Des dieux pour le plaisir : L’orgasme est pris pour une effusion du divin dans la courte extase qu’il procure.

Des dieux pour la fécondité, la maternité et la paternité

Les excès dans les orgies religieuses des religions à mystères mènent à la réaction stoïcienne

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11. Désir, plaisir dans l’histoire chrétienne :

Les excès des orgies conduisent à la réaction stoïcienne un peu avant l’ère chrétienne

St Paul joint le meilleur des sources stoïciennes et bibliques pour la morale conjugale :

La femme est l’égale de l’homme

Elle ne doit pas être un objet sexuel

La passion sexuelle se doit d’être maîtrisée

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12. Non le sexe pour les chrétiens, ce n’est pas que pour faire des enfants ! Ecoutez St Jean Chrysostome à ce sujet !

« Le mariage a été donné pour la procréation des enfants, mais bien davantage pour étancher le feu de la nature. Et Saint Paul en est témoin, quand il dit :« A cause des fornications, que chacun ait sa femme » (1Co7,2). Il ne dit pas “à cause de la procréation” »

Ailleurs, il prescrit de s’unir, non pas : afin de devenir pères de nombreux enfants, mais quoi ? : « Afin que Satan ne vous tente pas »

Et plus loin il ne dit pas : « s’ils désirent des enfants », mais quoi ? « S’ils ne peuvent être continents, qu’ils se marient »

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13. Le plaisir sexuel est légitimé

Faute vénielle en l’absence de volonté procréatrice (Césaire d’Arles 470-543)

Faute grave, même si l’acte est fait en vue d’une procréation (Grégoire le Grand 540-604)

Bon s’il est lié à un acte bon (Thomas d’Aquin 1225-1274)

Pouvant être recherché (Albert Le Grand 1193-1280)

Pie XII recommande aux maris de donner du plaisir à leur femme quand la pénétration n’a pas abouti à celui-ci (1951)

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14. Le catholicisme n’est pas le jansénisme !

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15. Autres religion (survol)

Hindouisme : Le Kama soutra est l’un des traités d’un recueil de textes religieux

Islam : prières à dire au moment de l’éjaculation chez l’Iranien du XIIe siècle AL GHAZALI

Bouddhisme : abstention de tout désir terrestre pour se libérer des réincarnations et atteindre le nirvana, mais le tantrisme se superpose parfois au bouddhisme

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16. Le plaisir comment ça marche ?

Le plaisir sans règle est hors « je », « insensé »

L’humain est dans la mesure (c’était d’ailleurs la principale devise des Grecs )

Tout individu ou société qui ne se donne pas des règles pour la maîtrise du plaisir est voué à disparaître

On peut se « droguer » avec tout y compris l’eau pure et la prière et y dissoudre son « moi psychique »

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17. Plaisir et savoir-vivre

Oral : gastronomieGénital : érotisme
Se nourrir Se reproduire
Fast food Fast sex
Consommation Consommation
Boulimie/anorexie Nymphomanie, aversion…
Dyspepsie Dyspareunie
Vomissement Avortement
Festin Fête
Torpeur digestive Torpeur du guerrier
Plein d’énergie Plein d’énergie
Régime, diètes Abstinence périodique
Sublimation Marthe Robin Thérèse d’Avila

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18. le cycle de W. Masters & V. Johnson complété par C. Gellman

  • intérêt
  • désir
  • excitation
  • plateau
  • orgasme
  • résolution
  • période réfractaire
  • élaboration

Chacune de ces phases peut être sujette à un trouble

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19. Fantasmes et fantaisies

Techniquement il est bien de distinguer entre :

  • Les fantasmes qui sont la remontée involontaire du fonctionnement sous-jacent de l’esprit. (fantasmes oedipiens, post-traumatiques…)
  • Les fantaisies qui sont des évocations volontaires — des mises en scène — destinées à créer une émotion souhaitée (comme le comédien capable de créer l’ émotion souhaitée selon le souhait du réalisateur)

Dans la pratique, les évocations imaginaires de la plupart d’entre nous ne sont volontaires que partiellement.

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20. Désir, excitation chez l’homme

Rapidement violent et pénible, l’orgasme est un soulagement plutôt qu’un sommet à atteindre

L’homme ne peut simuler l’érection. Il doit assurer

Un climat de danger l’excite s’il a confiance en sa force

Ne pas solliciter sans consommer

Pas si simple après 50 ans : la femme par son savoir faire et sa disponibilité joue le rôle principal

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21. Désir, excitation chez la femme

La conséquence possible, une naissance — très présente dans l’inconscient de la femme — entraîne une « mise en émoi » plus lente

Ceci exige un environnement et une mise en scène bien « préparés ». L’appel du désir et du plaisir féminin demande donc tout autant de maîtrise

C’est à la femme de se prendre en charge. Ce n’est pas d’abord la responsabilité de son mari

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22. Comme pour un festin, le cadre est aussi important que le menu

Dans le réel, le climat est donné par la mise en scène, et dans l’imaginaire par les fantaisies (fantasmes)

Si les fantaisies ne sont pas du tout partagées, cela devient un dialogue de sourds, une juxtaposition de deux plaisirs solitaires

La bonne entente sexuelle nécessite un dialogue et une complicité !

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23. Fantaisies et désir

Retrouvent souvent les schémas primitifs du début de l’humanité : lutte entre mâles, rapt des femmes

Utilisent les fixations sexuelles acquises quand le moteur érotique s’est installé dans le psychisme (enfance, adolescence)

Utilisent les images épouvantables pour les exorciser ( viol, violences, ) et jouer à se faire peur

Sans fantaisie, le passage à l’acte devient souvent compulsif ou bien le désir s’éteint

La plupart des pervers ne fantasme pas. Ils créent leur mise en scène en utilisant les partenaires comme des objets à leur disposition

Les violeurs présentent très peu d’élaboration psychique de leurs fantaisies

24. Du bon usage des fantaisies

Elles déclenchent, augmentent, freinent ou interdisent l’excitation sexuelle. Sans imagination, pas ou peu de jouissance

L’érotisme est aussi l’art de créer une mise en scène commune aux deux amants, et non deux rêveries solitaires comme dans la masturbation

Le couple peut se fixer comme objectif d’utiliser le désir et le plaisir sexuel au service de l’offrande (réciproque)

de soi dans le dialogue sexuel, les mots servant de médiateurs entre les peaux et les âmes

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25. Fantaisies et conscience morale

Une fantaisie est-elle morale ?

Certains psychologues et sexologues proclament qu’une fantaisie est toujours permise, que seuls comptent les actes

Au contraire, la morale chrétienne demande de surveiller ses pensées, paroles, actions…et omissions. Que choisir ?

26. Conditions de moralité d’une pensée ou d’un acte

Est-il volontaire ou passionnel (subi) ?

Fait-il du tort à autrui ?

Me fait-il du tort à court ou à long terme ?

Va-t-il dans le sens de mon idéal et de mes croyances ?

Me suis-je mis volontairement dans une situation scabreuse propice aux tentations ?

Ai-je mis mon conjoint en situation de disette affective ou sexuelle ?

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27. Comment maîtriser une fantaisie qui semble néfaste ?

Repérez son fonctionnement en vous (ses facteurs de déclenchement)

Jaugez votre degré de dépendance

Si l’image mentale n’est pas une servante, mais un tyran, tentez de la transformer ou de la remplacer

Si elle continue de s’imposer, utilisez une aide extérieure. : le conjoint s’il existe une grande intimité entre vous, ou un professionnel

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28. Je maîtrise mon désir pour l’offrir à mon conjoint

Suis-je dans l’ « ici et maintenant » ou bien dans une fuite vers l’ailleurs ?

Une bonne ambiance érotique vaut mieux qu’un mauvais fantasme

Pour créer cette ambiance de façon volontariste il faut une « mise en scène » qui permet de « cadrer » le dialogue amoureux. Elle s’élabore à deux en écoutant les désirs et les déplaisirs de l’autre

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29. La réussite sexuelle est une construction à deux qui demande

  • Intelligence
  • Amour
  • Fantaisie
  • Compétences
  • … et surtout de prendre du temps

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30. Entente, harmonie ?

Éviter le piège de la performance

Accepter l’imperfection, la sienne et celle de son conjoint, ce qui ne veut pas dire ne pas chercher à progresser

Ne pas oublier que la seconde raison (en fréquence) de discorde dans les couples est une attente exagérée envers le mariage et/ou le conjoint.

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